Sans titre. « Matteo Pereira est un artiste français d’origine portugaise.
Il alterne entre productions plastiques et visuelles, avec un travail de l’image qui prédomine largement dans sa pratique.
Sa volonté de rendre accessibles ses œuvres détermine son travail.
Matteo utilise le microcosme de son entourage comme premier sujet de recherche. Il se nourrit de ses expériences de vie, de son paysage, des métiers qu’il a vu transformer et façonner les corps de ses proches. Cela l’a amené à questionner les rapports aux masculinités.
Sa vidéo Merco montre deux hommes dans une voiture, la nuit, dans une lueur rougie et ambiguë. Le véhicule devient lieu de vie. Il n’est plus un outil de déplacement mais un abri temporaire où la virilité est désarmée, de même que toute notion de productivité. Le dialogue et l’importance du récit deviennent la forme finale de l’idée de production.
Le récit est un point charnière du travail de Matteo Pereira.
L’artiste utilise notamment le portrait pour transmettre le vécu personnel qui incarne par moment une réalité beaucoup plus étendue qui l’intéresse. Le corps n’est pas représenté dans sa totalité glorieuse mais plutôt dans une relative défaite ordinaire. Ici naît un autre combat : utiliser l’objectif photographique pour rendre visible ce qui ne cherche pas à l’être en composant des espaces d’apparition.
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Cette charge de travail et l’aliénation qui en découle sont perceptibles dans Les mains douces.
Le goudron est utilisé à contre-emploi : il ne construit pas pour le futur mais ravive le passé, en témoigne sa présence en intérieur là où toute utilité pratique est réfutée. Par ce geste, Matteo ne recouvre pas mais révèle.
Le bitume devient une substance-témoin et réconcilie le poétique et le politique. On part d’un terreau social, d’un sol ouvrier pour se tourner vers une lecture plus intime qui permet d’entrevoir le collectif et la pensée collective comme une issue aux structures oppressives. »
Étudiant en master 2. Accompagnement au diplôme : Rozenn Canevet, Giuseppe Gabellone.