Sans titre. « Mon travail s’est construit autour de plusieurs concepts parmi lesquels les formes de tension et de violences s’expriment majoritairement au travers d’installations. Ces concepts ne s’expriment pas de manière frontale, mais par des formes discrètes, silencieuses qui laissent place à la fragilité, l’invisibilité. Ces installations se présentent souvent comme des gestes simples et minimaux. Cette essentialité du geste me permet de créer une bascule avec des propos plus complexes, plus graves par les moyens les plus subtils possibles. Ce contraste, cette ambivalence entre fonds et formes invite le spectateur à se déplacer, ajuster son regard ou modifier sa position pour appréhender mon travail. De la même manière qu’une caméra effectue une mise au point, mes projets requièrent une attention particulière, transformant le regard en engagement du corps face à l’espace. Regarder devient un acte en soi. Je développe également une réflexion autour du temps, des temporalités longues, lentes et des concepts tels que l’ennui, le vide, l’attente. Outil essentiel pour nourrir ses interrogations sur la perception. Cette réflexion a d’ailleurs fait l’objet de mon mémoire de fin d’études : « Car finalement il ne s’agit que de ça : attendre que ces bulles arrivent, attendre qu’elles passent, puis attendre leurs retours ». À travers de courts récits et de souvenirs, elle tente de comprendre et de nous faire comprendre qu’il est important de faire des pauses, respirer, s’ennuyer, attendre. Dans une société qui tend à les effacer, ces interstices, ces seuils temporels sont d’une importance capitale pour l’artiste, la création et plus généralement l’humain. Grâce à mes projets et à mes réflexions, je crée des zones de flou et de suspension. Chaque tension, chaque respiration, chaque silence ou transparence, devient matière pour proposer une nouvelle manière de regarder et de s’exprimer. »
Étudiante en master 2. Accompagnement au diplôme : Rozenn Canevet, Giuseppe Gabellone.