Burn Out. « La pratique de Léane Aupeix s’ancre dans une observation attentive de la culture populaire et des objets de la vie quotidienne : le caddie, l’extincteur, le néon. Ces éléments, omniprésents dans l’espace public, sont généralement perçus comme fonctionnels, neutres, voire invisibles tant ils font partie du décor quotidien. En les inscrivant dans des dispositifs ambigus, elle cherche à déplacer notre regard afin de révéler les tensions latentes qu’ils contiennent. L’ensemble du travail repose sur une dualité entre douceur et violence, réconfort et menace, humour et malaise. Cette ambivalence traverse autant les formes que les matériaux, les gestes de fabrication et les situations mises en scène. Les oeuvres jouent d’une esthétique accessible, parfois enfantine, tout en convoquant des imaginaires plus sombres liés au travail, à l’épuisement, à la mort et à la destruction. Le geste répétitif et l’obsession occupent une place centrale dans cette pratique. Ils ne sont pas seulement des moyens de production mais deviennent des sujets à part entière, révélant une relation complexe au travail : à la fois désiré et subi, choisi et contraint. Cette démarche se déploie dans les zones de friction : entre enfance et âge adulte, travail et loisir, espace domestique et espace public. Les objets de la culture populaire deviennent des révélateurs de nos rapports au monde en créant des situations ambiguës faisant à la fois sourire et grimacer. L’humour, souvent absurde, agit comme un piège : il attire avant de révéler des réalités plus brutales. L’ensemble du travail propose ainsi une expérience immersive et sensible, où le spectateur est invité à ajuster son regard, à ralentir, et à reconsidérer les objets, les espaces et les souvenirs comme des formes de vie à part entière. »
Étudiante en master 2. Accompagnement au diplôme : Rozenn Canevet, Giuseppe Gabellone.